vendredi 22 juillet 2016

N°30 - Drame boulanger à Sanxay

Cette chronique est inutile, car elle ne procure ni gain, ni bénéfice. Et pourtant, j'aurais préféré taire cette histoire inutile... Seulement voilà : l'horreur, elle, ne s'est pas tue !

Avant-hier, aux alentours de 7H15, dans une boulangerie de la commune rurale de Sanxay, Skalalène Ghyskaâl, la cinquantaine, a blessé la boulangère, avant d'en finir brutalement avec plusieurs pains à raison, provoquant un carnage alimentaire sans précédant. 
Un vrai drame, dans cette petite bourgade jusqu'ici sans histoire (ndr : le "pain à raison" est une petite viennoiserie locale sans raisin, ni chocolat, dont la composition porte à réfléchir. La recette, préservée secrète, se transmet de mère en fille).

D’après deux témoins, les faits se sont déroulés très rapidement. L'attaque fut extrêmement violente et sans raison apparente. 

Le procureur de la République a déclaré aux journalistes qu'on ne pouvait écarter l'hypothèse que l'accès de folie de madame Ghyskâal ait été précédé d'une "attitude volontairement déraisonnable". En effet, le pain à raison symbolise, comme son nom l'indique, "la raison" ; raison qui aurait "fini par raisonner trop fort dans les os de la tête de Skalalène", si l'on en croit les propos de Kaâr Raôl, une voisine ayant perdu la raison se présentant comme membre de la famille de madame Ghyskaâl. 
Ou de la famille de la boulangère ?! 
Bien des ressorts de ce drame resteraient à démêler, encore...

Un relateur relate, en tant que témoin qui témoigne : "La dame est entrée tout sourire dans la boulangerie. La boulangère était très gentille également. La dame a alors commandé un pain à raison "bien cuit". La boulangère lui a alors demandé si elle plaisantait, lui expliquant à raison que le pain à raison n’a d'autre raison d'être que d’être mi-cuit."

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais madame Ghyskaâl, livide, aurait alors rétorqué, très calmement : "Je vais prendre tous vos pains à raison, dans ce cas !" La boulangère aurait servi les six ou sept pains qu'il lui restait. Madame Ghyskaâl, prise d'une violente convulsion, se serait alors emparée d'un premier pain et l'aurait violemment projeté au visage de la boulangère, qui l'aurait pris dans l'oeil droit en hurlant à la mort. 

Madame Ghyskaâl se serait ensuite saisie d'un pistolet semi-automatique de 9mm. Puis elle aurait jeté à terre les pains, avant de décharger son pistolet, à bout portant, sur les viennoiseries gisant au sol. 


Les habitants de la bourgade tranquille sont sous le choc. Une cellule psychologique a été mise en place. Tout le monde essaie aujourd'hui de relativiser : "Estimons-nous heureux, car elle aurait pu dézinguer tout le rayonnage, quand on y réfléchit !" a commenté une habituée raisonnable de la boulangerie amatrice de pains à raison.


Ce terrible fait divers, qui devrait être classé sans suite par la justice selon mes sources, pourrait tout de même emporter des répercussions à l’échelle locale et régionale. Car ce genre d’incidents semble en effet se multiplier un peu partout alentours, et les pouvoirs publics se disent "très soucieux"

Le numéro suivant de CHRONIQUE INUTILE DU VENDREDI (La) vous causera d'autre chose. 

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